Dans une nouvelle chronique pour le Journal des femmes, Arielle Adda explore un trait souvent associé aux enfants doués : une empathie profondément ancrée, qui va souvent bien au-delà de la simple compassion. Cette empathie se manifeste par une sensibilité intense aux émotions et à la souffrance d’autrui — qu’il s’agisse aussi bien d’une fleur qui se fane que d’un camarade blessé — et fait partie intégrante de leur personnalité. Cette capacité les pousse à ressentir avec force des situations qui laisseraient d’autres enfants indifférents et les conduit à s’émouvoir sincèrement pour tout ce qui touche à l’intégrité d’un être vivant.
Pour Arielle Adda, cette empathie est une force mais peut aussi représenter une vulnérabilité. Du côté positif, les enfants surdoués, par leur faculté à percevoir des émotions même subtiles ou refoulées, sont souvent très compréhensifs et capables de réactions fines et adaptées aux besoins des autres. Ils comprennent les non-dits et savent interpréter les signaux émotionnels avec précision.
Mais cette même empathie peut également constituer un fardeau : sans une bonne gestion émotionnelle, elle expose ces enfants à une souffrance qui peut être intense (par exemple en se mettant à la place de quelqu’un dans la douleur) et les rend plus vulnérables à l’influence d’adultes ou de pairs malveillants qui exploitent cette sensibilité sans scrupules. L’absence de remords chez certains, comparée à l’hypersensibilité des empathiques, souligne l’écart entre ces deux extrêmes.
Pour aider ces enfants, la psychologue spécialisée insiste sur l’importance d’apprendre à maîtriser ses émotions : une empathie excessive peut être canalisée grâce à des techniques de gestion émotionnelle — physiques et mentales — analogues à des entraînements sportifs. Cette maîtrise n’ôte pas la capacité d’empathie à l’enfant, ce qui serait dommage, mais aide à la rendre plus constructive que destructrice. L’encouragement à utiliser cette empathie avec discernement peut faciliter les relations sociales, prévenir les malentendus et contribuer à un climat apaisé dans le groupe.
