Le haut potentiel intellectuel est une chance. Pourtant, il peut être compliqué pour les enfants de l’apprivoiser et pour les adultes de l’accompagner, notamment dans le milieu scolaire où de multiples difficultés peuvent surgir.
Certains peuvent avoir d’excellentes notes et rester calmes en classe. D’autres vont toutefois adopter des comportements dérangeants ou s’impatienter devant certaines répétitions des apprentissages qu’ils maîtrisent déjà, ajoute-t-il.
Des chercheurs de l’université de Sherbrooke, au Québec, ont eu une idée originale et mis au point un partenariat avec une école primaire voisine pour étudier l’importance et l’impact bénéfique des relations entre les enfants à haut potentiel intellectuel et leurs pairs plus âgés.
Chaque enfant à haut potentiel intellectuel est différent, même si des caractéristiques reviennent chez tous. Dans la majorité des cas cependant, le fait d’être perturbateur – ou du moins considéré comme tel – résulte effectivement de l’ennui, d’une progression trop lente du rythme des apprentissages et, par conséquent, d’un désintérêt grandissant pour les cours en question. L’idée mise en œuvre par les chercheurs de l’université de Sherbrooke consistait donc à jumeler des élèves de primaire avec autant de leurs étudiants, répartis suivant des centres d’intérêts communs.
Ainsi, un jeune peut décider de se lancer dans la rédaction d’un roman, dans la construction d’une voiture miniature, dans la création d’un jeu vidéo, etc. Le domaine dans lequel étudie le mentor devra correspondre aux intérêts de l’élève qu’il prendra sous son aile. « On y va sur la base d’intérêts communs et de la personnalité, pour qu’ils puissent avoir une expérience optimale ».
Ce dispositif répond ainsi à un besoin assez négligé des enfants à haut potentiel intellectuel : si ceux-ci aiment être en contact avec leurs semblables, ils sont aussi généralement friands de la compagnie des adultes ou, plus globalement, de personnes plus âgées qu’eux. C’est ainsi qu’un certain nombre d’élèves HPI préfèrent la compagnie des enseignants ou des élèves de classes supérieures à celle de leurs camarades. Dans la mesure où l’écart d’âge entre eux est assez grand, la différence de niveau permet de combler les attentes du jeune élève.
« On se rend compte que le levier de l’expérience de mentorat, pour le jeune, c’est d’avoir une relation privilégiée avec un étudiant plus vieux pour s’engager dans ce projet particulier. Ça semble être une variable très importante ».
Un tel système est donc bénéfique pour les deux parties : l’élève y trouve quelqu’un a qui parler, à qui se confier et avec qui échanger sur les sujets qui l’intéressent ; le mentor, lui, peut exercer sa responsabilité et dispenser ses connaissances à un esprit curieux et à l’écoute qui aura à cœur de l’aider dans un projet qui leur plaît à tous deux.
Bien sûr, il ne s’agit pas là d’une solution miracle à tous les problèmes : certains de sont pas dus à l’ennui (et même pas du tout au haut potentiel intellectuel, pour tout ce qui est des troubles dys, TDAH ou autisme), d’autres trouvent leur origine dans d’autres caractéristiques mal gérées du HPI, et l’ennui lui-même peut persister. Ce sont des problèmes qu’il convient de résoudre différemment, par des aménagements adaptés si possible. Néanmoins, ce projet offre aux enfants la possibilité d’être un tant soit peu eux-mêmes, chance qu’ils n’ont pas toujours dans une classe « normale », et surtout une source de motivation tout au long de l’année.
« On voyait bien la complicité entre les élèves et les mentors, qui étaient fiers de ce que les jeunes avaient fait. Et les parents ont remarqué l’engouement chez leurs enfants tout au long de l’année ».
Une idée concluante donc, qu’il serait intéressant de mettre en œuvre dans davantage d’établissements scolaires et, pourquoi pas, à essayer en France aussi ! Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à en parler en commentaires sous cet article ou sur les forums, et à lire l’article d’origine sur le sujet en suivant le lien ci-dessous.
Un projet de l’Université de Sherbrooke se penche sur la douance en milieu scolaire | Le Devoir