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enseignerautrement

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10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour Françoise,

    Merci beaucoup pour votre retour; je suis bien d’accord avec vous: l’envie et la bienveillance de l’enseignant sont déterminantes, et souvent il ne faut pas grand chose pour que la confiance s’installe! De mon côté, je souhaite mettre en place un autre cadre, beaucoup plus libre, qui me permette de me consacrer aux élèves comme ils le méritent et en ont besoin; malheureusement, le métier d’enseignant « classique » est de plus en plus fait d’activités chronophages, au détriment de l’essentiel… Déjà, il faut revenir à un nombre plus raisonnable d’enfants pour un seul adulte; je suis sûre que cette seule mesure peut tout changer. Je regarde du côté des écoles démocratiques, en ce moment, pour voir ce qui se fait; le projet avance!

    Belle journée et à bientôt, Audrey (il sera plus convivial d’avoir mon prénom, en effet!)

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonsoir,

    Merci beaucoup pour vos retours; vos expériences de parents, ou peut-être même d’enseignants, sont autant de témoignages importants pour l’enseignante que je suis. Du coup, je vous fais part de certaines questions que je me pose et auxquelles vous aurez certainement des réponses…

    Quel regard portez-vous, en tant que parents, sur l’Education nationale? Avez-vous déjà pu trouver des professionnels « à la hauteur » pour accueillir votre enfant en fonction de ses besoins? Certains d’entre vous ont peut-être fait le choix d’écoles privées, d’établissements proposant un accueil spécifique pour les EIP ou ont carrément déscolarisé leurs enfants pour leur mieux-être…

    Dans mes classes, je parviens à respecter le tiers-temps des élèves DYS mais seulement en prenant sur mon temps personnel; sinon, cela ne serait pas du tout possible… Il y a quelques semaines, quand j’ai demandé à faire quelques heures supplémentaires pour m’assurer que les élèves HP et DYS suivaient correctement, le discours de l’inspectrice et du proviseur a été que, l’école étant inclusive, l’élève devait se débrouiller tout seul… Quant aux enfants précoces, malheureusement, rien n’est prévu pour améliorer leurs conditions d’apprentissage; j’ai voulu m’inscrire à un stage académique mais il m’a été impossible de le faire car il n’était pas ouvert aux candidatures individuelles; en gros, c’est uniquement grâce à mes élèves et en rencontrant leurs parents que je peux apprendre et me perfectionner, ce qui est déjà énorme et très enrichissant, en tout cas. Heureusement, je rencontre beaucoup de familles sympathiques et heureuses de pouvoir me faire part de leur expérience et nous nous conseillons mutuellement.

    J’aimerais également savoir si certains d’entre vous ont déjà eu affaire à des professeurs particuliers pour leurs enfants et si l’expérience a été concluante; dans certains cas, cela dépend grandement de la demande de l’enfant: les vôtres étaient-ils volontaires? En tout cas, c’est la première année où j’entends si fréquemment parler du harcèlement scolaire des élèves précoces dans le milieu scolaire; c’est vraiment un signe d’alerte… je suis persuadée que nous pouvons remédier à cet immense gâchis et faire mieux pour nos enfants!

    Merci pour vos réponses à ces nombreuses questions; à bientôt, j’espère!
    enseignerautrement

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonsoir Lamimo,
    Etes-vous une maman d’enfant HP ou peut-être une collègue enseignante? Je serai ravie de pouvoir discuter avec vous.
    Belle soirée et à bientôt, enseignerautrement

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour Francisca,
    Merci beaucoup de votre message; quand vous dites que vous voulez « faire autrement », c’est parce que vous pensez déscolariser votre enfant ou parce que vous avez également envie de créer une école? Je suis bien désolée d’apprendre que votre enfant souffre au collège; je suis sûre qu’on peut faire mieux pour les enfants que le système classique… En tout cas, je suis tout à fait partante pour que nous en discutions. Où habitez-vous exactement?
    Belle soirée et à bientôt!

    enseignerautrement

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour Françoise,
    Je me suis inscrite dans le groupe « Rhône Alpes », ce qui facilitera nos échanges.
    Bonne soirée

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour Françoise,

    Merci de votre message et de ces nouvelles informations. Soyez sûre que je continue!

    A bientôt

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour,

    Merci de votre message, qui m’a décidée à remobiliser mes collègues cette année pour que nous puissions obtenir cette formation en interne! Je suis toujours en recherche de stages, de mon côté; si certains peuvent m’en conseiller, je suis preneuse!

    La question de la rédaction manuscrite se pose de plus en plus et il y a là contradiction dans les textes : de plus en plus, nous sommes invités à évaluer les élèves sur leurs compétences numériques. Ils peuvent rendre des devoirs sur clé usb, sur l’ENT (l’Espace Numérique de Travail) des établissements… les possibilités sont nombreuses. L’inspection nous encourage à faire réaliser des dissertations ou des commentaires à plusieurs, également, et la mode est en ce moment à la classe inversée (le prof envoie par mail ses cours aux élèves, qui les travaillent seuls chez eux et préparent des questions pour le cours suivant).
    En revanche, les examens, eux, restent individuels et manuscrits ; on déplore une graphie de plus en plus difficile chez certains voire une régression dans le geste. J’ignore ce que prévoiera la réforme du bac à venir…

    Bonne soirée à vous

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour Françoise,

    Merci beaucoup de votre retour et de toutes ces pistes qui vont pouvoir me faire avancer.
    Je suis tout à fait d’accord à vous sur le problème de la méthode; j’ai constaté, notamment avec le fils de mon amie, que certains EIP n’arrivaient pas à faire de brouillon (est-ce dont vous parlez quand vous écrivez « poser un problème à l’écrit »?). Aujourd’hui, de manière globale, les élèves ont du mal à en faire un. J’ai une collègue qui a mis au point un document, de style carte mentale adaptée à l’exercice du commentaire. Je ne l’ai jamais expérimenté encore mais je vais y regarder de plus près…

    J’ai pu constater une forme de réticence ou même de résistance devant la précocité, parmi certains de mes collègues: certains refusent de la prendre en compte, disant que c’est à l’élève et non au professeur de s’adapter; d’autres la rejettent en incriminant « ces parents qui pensent tous que leurs enfants sont précoces » mais là encore, je pense que je ne vous apprends rien… J’ai rencontré ces diverses réactions quand j’ai voulu sensibiliser l’équipe aux problèmes que rencontrait le fils de mon amie. Mais des bonnes volontés se sont révélées, également, et elles ont été les plus nombreuses, à tel point que quand j’ai proposé au proviseur de mettre en place une Formation d’Initiative Locale, pour que des enseignants chevronnés viennent nous former, il y a avait une trentaine de volontaires, qui se tenaient régulièrement au courant de l’avancée du projet. Malheureusement, le proviseur l’a refusée…

    Tout comme vous, j’aimerais pouvoir encadrer des groupes, en fonction des besoins et des particularités de chacun; là encore, on aurait tous à y gagner! on remotiverait les élèves et nos cours n’en seraient que plus agréables.

    Merci beaucoup pour tous ces liens; je vais aller regarder tout cela. J’ai découvert les travaux de Céline Alvarez il y a quelques mois et je me suis totalement retrouvée dans sa démarche; ce qu’elle propose aidera sans aucun doute à changer l’école.

    Bien sûr, vous pouvez déplacer la discussion; je serais ravie d’échanger avec des collègues.

    Bon après-midi

  • enseignerautrement
    Participant

    erratum « des êtres »

  • enseignerautrement
    Participant

    Bonjour,

    Merci beaucoup de votre message; notre discussion intervient tout à propos car je viens d’interroger l’inspectrice à propos d’élèves DYS, mais cela s’applique à tous les élèves qui auraient besoin d’un temps dédié dans la semaine pour faire le point avec leur professeur; voici la réponse: « l’école doit être totalement inclusive et il faut faire de votre mieux avec ce que l’on vous donne ». Un vrai challenge donc pour ne pas dire une gageure.

    Dans mes classes, j’ai eu plusieurs élèves précoces, avec des profils tout à fait différents:
    – J’ai eu un élève qui semblait tout à fait passif; c’est avec lui que j’ai commencé à me sensibiliser à la question car il subissait les cours, restait en retrait, tout en maintenant une petite moyenne, bien en-dessous de ses capacités. J’ai tenté des livres sur des thèmes très variés, notamment la science car c’était ce qui le passionnait. Cela n’a pas été une grande réussite, de mon point de vue…
    – L’an dernier, j’ai eu dans la même classe deux élèves précoces beaucoup plus actifs, qu’il fallait « nourrir ». L’ennui qu’ils pouvaient éprouver à se retrouver dans des classes où d’autres ne savaient pas lire leur faisait envisager la déscolarisation; ce sont leurs parents qui m’en ont parlé quand je les ai rencontrés.
    Ces élèves sont extrêmement stimulants pour l’enseignant car ils nous amènent à envisager un autre point de vue sur les choses. Mes collègues et moi leur donnions des pistes supplémentaires à explorer à la maison, pour prolonger le cours; je pense notamment à ma collègue de maths qui leur a proposé (j’ai oublié le nom du site mais cela se trouve sur l’académie de Strasbourg; c’est en ligne et si cela vous intéresse, je le retrouverai facilement). En classe, certaines de leurs questions ou de leurs remarques m’ont invitée à adapter certains exercices, à en proposer d’autres. Par exemple, j’ai beaucoup travaillé le débat argumenté avec cette classe et les travaux de réflexion en groupe, à partir de sujets d’actualité, pour aiguiser leur sens critique. Ils ont stimulé les autres élèves et cela a vraiment été très agréable. Ils étaient tout à fait intégrés et bien dans leur peau.

    – J’ai accompagné le fils d’une amie, qui était lui en grande souffrance. Son idée était qu’on le prenait pour un « débile »; il baissait les bras et souffrait de phobie scolaire. Le gros travail a été de le remotiver et de lui redonner confiance en lui, en lui faisant rencontrer des gens de l’établissement que je savais pouvoir l’aider: infirmière scolaire, conseillère d’éducation, conseillère d’orientation et j’ai alerté son professeur principal, qui ne connaissait rien à la précocité et ne le voyait que comme un « casse-pieds ». Je sais qu’un collègue l’a pris quelques heures en particulier (mais là encore, c’est le professeur qui le fait de sa propre initiative et bénévolement); il lui a appris à travailler à partir de cartes mentales, ce que le jeune homme ne connaissait pas et cela l’a bien aidé, dans plusieurs matières. Le simple fait d’avoir des référents et des gens qui croyaient en lui au lycée l’a bien porté. Un aménagement lui a été donné au bac; un tiers-temps dont il avait besoin même si c’était surtout la compréhension des consignes qui posait problème. Il a derrière lui une maman hyper concernée, qui fait tout pour l’aider. Il a aussi vu une coach, par skype, pendant quelques semaines.

    En bref, j’essaie d’établir une relation de confiance avec l’élève car je sais que les EIP sont très sensibles. Savoir qu’on est là, qu’on sait ce qu’est la précocité et qu’on reste disponible en cas de besoin ; dans mon cas, cela a représenté la moitié du travail. J’essaie de les solliciter à l’oral dans la classe car pour beaucoup la prise de notes est compliquée. J’ai été surprise, dans les premières années, quand je les sentais distraits, de voir qu’en fait ils écoutaient et retenaient tout sans avoir besoin d’écrire. Cela doit faire rire certains parents qui me lisent mais pour moi c’était une vraie découverte!

    Les écueils pour eux sont les épreuves du bac, enfin il me semble: leur demander de produire un commentaire ou une dissertation, qui sont des écrits très codifiés, est compliqué. Faire le commentaire en plusieurs pages d’un texte qu’ils ont instantanément compris et dont ils ne voient pas l’intérêt de parler jusque dans le détail leur semble vain. Ce sont des élèves atypiques à qui on demande de produire des écrits normalisés; cela coince forcément! Là encore, cela dépend vraiment des élèves car ils sont tous différents, mais c’est ce que j’ai pu observer. En effet, les deux élèves dont j’ai parlé ont immédiatement maîtrisé les exigences de l’exercice alors que pour le fils de mon amie les révisions en fin de première ont été compliquées. Heureusement, son à-propos a fait qu’il a pu assurer la deuxième partie de l’oral, qui est un entretien, un échange dialogué. En fait, je crois qu’il faut systématiquement leur expliquer l’intérêt de ce que l’on fait; cela nous permet aussi de nous interroger aussi sur le bien-fondé de tel ou tel aspect du programme… on a tous à y gagner!

    Vous me demandez quels sont mes souhaits en tant qu’enseignante; je souhaite quitter l’Education nationale et fonder ma propre école, quand je le pourrai. Tant que je suis encore dans l’Education nationale, j’aimerais qu’on arrête de nous demander de faire des élèves qui nous sont confiés des être moyens, pour ne pas dire médiocres, tous coulés dans le même moule, et de leur fournir un « prêt à penser » ; mais cela ne semble pas à l’ordre du jour… nos enfants méritent tellement mieux! Dans nos classes de 35 élèves, surtout en seconde, c’est l’hétérogénéité qui pose problème, justement…

    J’aimerais vraiment aller rencontrer et observer des collègues qui accueillent spécifiquement des élèves précoces, dans leurs classes ou dans leurs établissements; si certains sont disposés à m’accueillir, je serais ravie. J’habite près de Lyon.

    J’espère avoir répondu à vos questions; j’aimerais avoir les avis et les conseils d’autres collègues car là vous n’avez qu’un aperçu de ce que j’ai tenté de faire, en m’adaptant comme je le pouvais aux élèves que j’avais devant moi.

    A bientôt

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